Une fleur de printemps : la ficaire

Ce dimanche matin de mars, lors de notre sortie familiale, nous empruntons comme d’habitude des petites routes tranquilles. En cette période, les talus sont fleuris de fleurs de printemps telles le bouton d’or, la primevère, le pissenlit pour ne citer que des fleurs jaunes bien reconnaissables. Il en est une qui a attiré notre attention, « la ficaire ».

Que sait-on de cette fleur vivace appelée aussi fausse renoncule ?.
Ficaire vient du latin « ficus » : figue, qui est peut-être une allusion à l’emploi de la plante contre le fic, ancien nom de la verrue..
Elle est agréable à regarder et à photographier avec ses feuilles vertes luisantes en forme de cœur qui mettent en valeur sa fleur à corolle d’un jaune brillant composée de huit à douze pétales. Ses racines forment de petits tubercules et leur forme a valu à la plante une multitudes de noms : ail de crapia (Île de Ré), caillonade (Charente-Maritime), pé de grole (Deux-Sèvres), cocarde, herbe du siège, etc..
C’est une plante toxique en cas de consommation crue, cataloguée comme herbe nuisible et parfois mortelle pour les animaux d’élevage. Cuites, les fleurs peuvent faire office de câpres, les racines de légumes mais contentons-nous de ceux du jardin plus digestes.

Par contre, ses tubercules sont récoltés pour l’usage médical. En effet, la ficaire contient des molécules qui ont des activités anti-inflammatoires et antioxydantes. Ayant aussi des propriétés vasoconstrictrices, elle est réputée pour soigner les hémorroïdes. Au fil des siècles, elle est utilisée sous diverses formes : macération de la plante dans de la bière ou avec un jaune d’œuf, bain de siège dans une source d’eau bordée de ficaires. De nos jours, une pommade est préparée à base de racines et de saindoux. Cette préparation a d’ailleurs été initialement vendue par Yves Rocher, entreprise de cosmétique du même nom, l’histoire de cette marque commençant ainsi avec la ficaire.